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Techniques de pêche

De la pêche en étang à la pêche au large, nos adhérents déploient des engins de pêche variés.

De la pêche en étang à la pêche au large, nos adhérents déploient des engins de pêche variés.

Les techniques de pêche de nos adhérents

LE Chalut de fond

Le chalut de fond est un filet en forme de poche-entonnoir remorqué par un navire. Deux panneaux divergents situés à l’avant du chalut permettent de maintenir l’ouverture du filet. Les panneaux sont reliés au navire par des câbles, appelés fûnes. Un bourrelet de chaînes fixé sur la face inférieure du chalut permet de le maintenir en contact avec le fond. Un chalutier peut remorquer deux chaluts, on parle alors de chaluts jumeaux.

Cet engin cible les espèces qui vivent sur le fond, ou à proximité du fond. Il permet une grande diversité de captures, ce qui garanti un approvisionnement stable, vital pour la filière pêche à terre. L’effort de pêche est contrôlable, grâce au maillage de la poche du chalut par exemple, qui peut être adapté aux espèces cibles ou à des mesures réglementaires.

En Méditerranée, les chalutiers effectuent des sorties “à la journée”, partant en mer tôt le matin et rentrant l’après-midi pour commercialiser leurs poissons le jour même de leur capture et garantir une fraîcheur optimale. Leur activité est très réglementée, par le Plan de Gestion pour la Méditerranée Occidentale notamment : quota d’effort de pêche (nombre de jours d’activité limité), fermetures spatio-temporelles des zones de pêche (bathymétries de 90 à 100 m de profondeurs fermées pendant 8 mois de l’année dans le Golfe du Lion, habitats sensibles), etc…

LE Chalut pélagique

Le chalut pélagique est un filet en forme de poche-entonnoir remorqué par un navire, qui évolue en pleine eau (entre la surface et le fond, sans toucher le fond). Comme pour le chalut de fond, des panneaux permettent de maintenir l’ouverture du filet. Un chalut pélagique est en général plus large qu’un chalut de fond, et est formé de cordages de grandes mailles à l’avant pour rabattre les bancs de poisson vers le fond du filet. Le contrôle de la mise à l’eau du chalut, et le repérage des bancs de poissons, s’effectuent à l’aide d’un sondeur.

Cet engin cible les espèces pélagiques, vivant en bancs concentrés et naviguant entre deux eaux. Il permet une bonne sélectivité, puisque les espèces ciblées vivent généralement en bancs homogènes.

En Méditerranée, le chalut pélagique est utilisé pour cibler le petit poisson bleu : anchois et sardines. Ils effectuent des sorties “à la journée” et commercialisent leurs poissons le jour même de leur capture par le biais de mareyeurs spécialisés. Leur activité est très réglementée, comme pour les chalutiers de fond (quota d’effort de pêche…).

LA Palangre, LA ligne, et LA canne

Les lignes sont des engins simples, formés d’un hameçon fixé au bout d’une ligne. La ligne peut être manipulée à la main (ligne ou canne à main), ou tractée à l’arrière d’un navire (ligne de traine). La palangre est un métier de l’hameçon plus complexe. Elle est formée d’une longue ligne horizontale dite mère, à laquelle est fixée des avançons, chacun équipé d’un hameçon. La palangre peut être maintenue au fond par des ancrages (palangre calée), ou laissée à la dérive avec de simples flotteurs (palangre dérivante). Les hameçons utilisés sont appâtés, l’appât étant choisi en fonction de l’espèce ciblée.

Les métiers de l’hameçon permettent de cibler des espèces variées. Il s’agit d’engins sélectifs en termes d’espèce et de taille d’individus capturés, en fonction de l’appât et de la taille des hameçons utilisés. Les poissons capturés sont généralement vivants, et donc d’une très grande fraîcheur et qualité. Cela permet aussi de relâcher les captures non désirées. Ces métiers ont également peu d’impact négatif sur les habitats marins.

En Méditerranée, les métiers de l’hameçon sont utilisés par les petits métiers de deux manières. La palangre calée et la ligne permettent de capturer loup, dorade, grondin, merlu… La palangre dérivante et la canne sont utilisées pour cibler le thon rouge et l’espadon. La pêche de ces deux dernières espèces est extrêmement réglementée et contrôlée, d’après les recommandations de l’ICCAT. Le nombre de navire autorisés à cibler ces espèces est limité (140 pour le thon rouge, 94 pour l’espadon), des quotas de captures sont fixés pour chaque navire, et les poissons sont soumis à un système de traçabilité précis impliquant un marquage des individus (bagues).

LES Filets maillants

Les filets maillants sont des nappes rectangulaires positionnées verticalement dans l’eau. Des lests sont placés en bas du filet, et des flotteurs en haut, pour maintenir la position verticale. Le maillage du filet est adapté à chaque espèce ciblée, et permet à l’engin d’être sélectif. Le filet peut être constitué d’une ou plusieurs nappes. On parle de filet trémail lorsqu’il est formé de trois nappes, avec une nappe intérieure à maillage fin pour emmêler les poissons.

Les filets maillants permettent de cibler une grande diversité de poissons, et sont sélectifs en ne capturant qu’une gamme de taille précise en fonction du maillage. Ce sont des engins passifs, qui fonctionnent sur le principe du piège.

En Méditerranée, les filets maillants sont toujours calés : ils sont lestés pour rester posés sur le fond, et ne se déplacent pas au fil des courants. En effet, les filets dérivants positionnés à proximité de la surface sont interdits pour limiter les captures accidentelles de mammifères marins et tortues. Les filets sont calés par des navires petits-métiers, pour une durée généralement inférieure à 24h.

LES Nasses, casiers, et pots

Les nasses et casiers sont des pièges constitués d’une structure rigide recouverte de filet, et d’une ouverture conçue de manière à ce que l’espèce cible puisse entrer facilement dans le piège mais difficilement en sortir. L’espèce cible est attirée à l’intérieur du piège à l’aide d’un appât. Le pot à poulpe constitue quant à lui un abri pour l’espèce cible, et ne nécessite pas d’appât. Les nasses, casiers et pots sont placés en mer par filières de plusieurs pièges reliés entre eux, et lestés pour reposer sur le fond.

Ces engins permettent de cibler les crustacés, gastéropodes et céphalopodes. Ils sont sélectifs, et permettent de capturer des animaux vivants qui peuvent être rejetés à l’eau en cas de taille inférieure à celle recherchée. Des captures vivantes sont aussi gage de fraîcheur et de qualité optimales. Les pièges sont aussi respectueux des habitats naturels car ils ne causent pas de dégâts sur les fonds marins.

En Méditerranée, les nasses, casiers et pots sont utilisés par des petits-métiers, et sont positionnés proche de la côte. Les nasses sont utilisées pour capturer les noisettes de mer, gastéropodes typiques de la façade. Les pots à poulpe sont aussi des engins caractéristiques, ciblant une espèce emblématique de notre territoire. En Occitanie, une réglementation régionale limite le nombre de pièges à poulpe autorisés par navire, et impose des périodes de fermeture de la pêche pendant la reproduction de l’animal.

LA Senne tournante coulissante

Les sennes sont des filets rectangulaires utilisés pour encercler les bancs de poissons en surface. Les bancs sont repérés au sondeur, sont encerclés par le filet, puis sont piégés par la fermeture du bas du filet à l’aide d’une coulisse. La poche formée est ensuite réduite pour que les poissons puissent être mis à bord à l’aide d’une épuisette (la salabarde). Lorsque les bancs de poisson sont attirés par l’utilisation de lumière, on parle de pêche au lamparo.

La senne est en engin sélectif, car elle capture des bancs de poisson souvent homogènes. Elle permet de capturer des poissons de très haute qualité, car ils ne sont pas emmêlés au préalable dans un filet et sont capturés vivants. Les individus non ciblés peuvent aussi être relâchés vivants. Manœuvrées en surface, les sennes n’ont pas d’impact négatif sur les habitats marins.

En Méditerranée, la senne est pratiquée par deux segments de navires très différents. Les thoniers senneurs sont des navires de plus de 25 m pratiquant la pêche hauturière lointaine, et ciblant le thon rouge à destination du marché de l’engraissement et de l’export à l’international. Ce segment est réglementé selon les recommandations de l’ICCAT, qui limite le nombre de navires autorisés (22 en Méditerranée française), les quotas de captures, et les périodes de pêche. Les petits-métiers utilisent aussi des sennes de petite taille, pour cibler les petits pélagiques, dorades, mulet… Ce segment est lui aussi réglementé par un plan de gestion de la CGPM, qui limite le nombre de navires autorisés (70 en Méditerranée française) et l’effort de pêche (nombre de jours d’activités autorisés avec cet engin).

La Drague

La drague est un engin constitué d’un panier en filet fixé sur une armature rigide, dont la partie avant est dotée d’une lame ou de dents qui soulèvent les sédiments d’un fond meuble. L’ensemble de l’engin est tracté par le navire. La drague peut être pratiquée en mer (drague barre), mais aussi dans des étangs et zones côtières (drague d’étang).

La drague est essentiellement utilisée pour la pêche des coquillages. Le maillage du panier permet de sélectionner la taille des espèces ciblées.

En Méditerranée, la drague n’est utilisée que par des navires petits-métiers, pour récolter le murex notamment (gastéropode méditerranéen). Cette activité est réglementée : un plan de gestion national limite le nombre de navires autorisés à 57 pour la drague barre, et 31 pour la drague d’étang. L’effort de pêche en étang est aussi limité, avec un quota de jours d’activité autorisés. Spatialement, la pratique de la drague est interdite sur le territoire de certaines prud’homies d’Occitanie, et sur tout le littoral de la Région Sud.